
Recopiez ce texte en corrigeant les fautes qui s'y trouvent.
De ce moment, l'on ne doutât plus qu'il ne dût d'un instant à l'autre traverser le fleuve pour rejoindre les Ancêtres. La rumeur de l'imminente catastrophe inonda le hameau le plus lointain de la tribu des Essazam.
Les notables de chaque clan, désireux d'assisté aux derniers moments de Illustre chef, abandonnèrent leurs cases, envahirent les pistes de la forêt obscure,
Le jour suivant, le chef s'abandonna au délire et peu après s'emparèrent de lui cette indifférence il la réalité des vivants et ce mutisme définitif qui annonce souvent j'ultime soupir… La panique secoua Essazam. Les hommes, accroupi sur les tam-tams qu'ils battaient avec une application triste, jetaient pardessus les masses butées de la forêt d'innombrables messages qui suppliaient, sorciers et praticiens de toutes sortes, quelles que fussent leurs tribus et leurs méthodes, de venir sauver le chef des Essazamà l'agonie. Jour et nuit, sans désemparer, la voûte de la forêt retentit, frissonna des saccades des tam-tams déchaînés qui, eût-on dit; se répondaient, se relayait non plus de hameau en hameau, maïs de buisson en buisson, de ruisseau en ruisseau, Survint aussi un orage interrninable … éclairs et bourrasques déchirait la forêt d'atroces cris de victoire, La nature elle-même, eût-on dit, avait décidé d'isoler le chef sur l'île déjà désolé de sa maladie, le livrer corp et âme à la mort, son ravisseur.
Mongo Beti, Le Roi miraculé.